lundi 6 juin 2011

Habiter








"Le cours de zone aura sans doute été le plus prenant de l'année : l'équipe pédagogique m'a tout de suite plu par son exigence d'investissement et son dynamisme. J'éprouve depuis quelques années, et bien que ce ne soit pas encore défini, un intérêt vif pour l'art contextuel, le dialogue à établir avec les lieux chargés. Trouver le langage juste m'a passionné. L'éventail des rendus et par là, des domaines abordés, m'a beaucoup apporté : des recherches sonores, l'expérience proche d'un petit Workshop sur Xavier Arnozan, la vidéo One minute Scénario, et enfin, le travail final dans les bois de Mussonville m'ont ouvert une grande quantité de pistes. Les références glanées en cours ou au fil des bibliographies sont autant de découvertes non négligeables.

J'ai trouvé en zone l'exigence d'un approfondissement que je ne trouvais pas ailleurs, et le plaisir du dessin fastidieux. J'y ai trouvé l'enthousiasme d'une problématique étoffée petit à petit, et l'envie de réaliser plus encore.

Je laisse à la plaquette explicative et à mon carnet de recherche le soin d'en dire plus quant à la réalisation finale."

Plaquette que je vous conseille vivement d'agrandir d'un simple clic pour en comprendre les tenants et aboutissants, aussi peu tenus et aboutis qu'ils soient!



Projet zone-2010-2011
Format Poche

samedi 4 juin 2011

Portrait de famille

Aujourd'hui déjà, certains travaux sont tant et tant investis, déployés dans le temps, filés au travers des lectures, qu'il devient presque trop dense d'en parler-d'en écrire.
Plutôt que de nous perdre dans les références, les citations, les discours découpés sur la grande planche, je vous propose, dans un premier temps, d'expliquer ce que la photo ne laisse deviner.
Ce travail, c'est un espère d'arbre généalogique. Mais c'est uniquement sur les témoignages de ma mère qu'ils reposent ; au cours de longues conversations, en allemand surtout, j'ai pu recueillir des bribes quant à sa famille, que je n'ai pas connue. Je n'ai mené aucune autre enquête; le vrai ne m'intéresse pas. Ce qui me fascine, c'est la matière mémoire, mieux, la matière mémoire qu'elle a bien voulue partager, mieux, le lien que par ce travail, elle noue avec son passé, elle-même, mieux, le lien que je noue avec elle. Cette matière orale, je l'ai retranscrite en mêlant mots et images ( publiées prochainement ), entre l'allemand et le français, bribes laissées telles quelles, ou réinterprétées, entre photos de famille et écrans noirs. Tous ces visuels sont devenus des diapositives, ou autant de petits éléments précieux à REVELER, bien sûr.
Toutes ces diapositives ont été agencés selon un ordre arbitraire en de petits îlots, au côté de bougies, sous couvert d'abat-jour: la place de chacune a été décidé en fonction de celle qu'elle semble occupé dans l'affect maternel. Ces suspensions sont mobiles comme la pensée, légère comme la parole, ouatée comme la pudeur. Par un jeu de hasard, il arrive qu'une diapo se projette sur le tissus, puis disparaisse.
Puis, l'ossature d'une table et d'une chaise, partiellement recomposée en sachets de thé, avec des allures de work in progress : un appel à la nostalgie bien sûr, mais aussi un calendrier. L'instant thé, ou celui autour duquel on aurait aimé pouvoir transmettre ( la transmission, c'est bien la base de toute histoire?) ; un thé pour une histoire ; un thé pour chaque jour passé depuis ; un thé pour chaque jour passé pendant ; un thé pour chaque jour qu'il a fallu pour tout dénouer ; un thé pour chaque jour qu'on aurait aimé partagé.
Le tout pour un ensemble domestique aux allures de lavande-poussière-toile-d'areignée.
Portrait de famille c'est l'une de mes plus précieuses collections : une collection qui renonce à l'exhaustif, une collection de l'impossible, qui en vise un autre ; trouver son identité dans celle d'une lignée.

La chambre claire, Le plaisir du texte, Roland Barthes
Monographie, Christian Boltanski
Et du Sophie Calle, du Annette Messager, du Claude Lévèque, du Sterback, as usual. Même un soupçon de Duschamps ( si si ) dans ses notions d'infitésimale, et un peu de Warhol, déclarant qu'il aimait à faire éxecuter pour observer l'écart entre ses directives et le résultat, histoire de donner du plomb à l'interprétation.
Et d'autres que j'oublie sur le moment...


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La maison au personnage



La maison aux personnages, c'est un assemblage, blanc comme un écran de projection, silencieux, un rien clôt ; c'est un bric et broc intuitif, en réaction à la vrai emaison du même nom, d'une toute autre échelle, d'Ilya Kabakov. Je vous épargne la dissertation sur le sujet!
A retenir cependant, la redondance des mots:
Partout, des oreillers d'absence,
J'ai en moi des silences
Qui ne payent pas leur loyer.



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jeudi 2 juin 2011

Théine







Raconter une histoire, ça se fait autour d'un thé. Et au thé d'en raconter une autre.Et ainsi de suite....
Sachet de thé sur toile de 20 par 20, encres et fil noir. Pas de grandes prétentions, un plaisir du laisser-aller, de la ligne, de l'évocation. En cours depuis longtemps, la collection ne cesse de s'agrandir... Et de s'agrandir.... Et de s'agrandir!

Aussi m'dames m'sieurs pour vos murs frileux, je les vends oui oui, à l'unité ou en composition diverses ( les cinq ici publiés ne sont qu'un échantillon! ). N'hésitez pas à me contacter par mail pour toute information ( nmqjessica@hotmail.fr).
Oui, c'est de la pub, je sais !



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mercredi 1 juin 2011

L'heure de raison-Les bilans de l'année!








Dessin libre

"J'ai bien du mal à cerner mon vécu de ce cours ; le suivi décousu que j'ai pu en avoir n'arrange pas. Le dessin reste à mes yeux une pratique fondamentale et quotidienne ; avant toute autre pratique c'est lui qui m'a attiré vers un domaine artistique. Je le pratiquais bien avant d'avoir notion d'art, si l'on peut qualifier les illustrations de mes marges collégiennes de dessin. Dès que je peux, je dessine : mes carnets m'accompagnent constamment. Le croquis fait réellement partie de mon hygiène de vie, comme un musicien se colle à ses gammes, et j'ai toujours tablé dessus comme base fondamentale de l'apprentissage. D'un autre côté, je poursuis un dessin que l'on peut qualifier d' « académique », indissociable d'une grande admiration pour la gravure.

Autant dire que mon rapport au dessin n'est pas désinvesti. Comme dans tous les domaines, j'y cherche un savoir-faire comme condition. Je ne peux concevoir de passer une existence à dripper des feuilles de craft, à gribouiller, insouciante. Le souci est toujours latent : faire au mieux, apprendre plus, me faire taper sur les doigts quand je pense atteindre quelque chose de correcte, forger à force d'efforts et de déclics un coup de crayon valable. Pour moi l'expressivité ne peut être qu'en suivant : je n'aime que peu transgresser ce que je ne sais déjà pas faire.

Les premiers cours de dessin ont eu tout d'abord, une valeur de désastre : l'optique du cours et la mienne se sont très vite mal entendues. Que l'on me demande de dessiner avec ma narine gauche en trempant mes orteilles droits dans une bassine d'eau, le tout sans avoir le droit, à un moment, à une pose de plus de deux minutes à exécuter avec mon crayon et ma main attribuée, c'était juste trop éprouvant. Le mot d'ordre ( découvre-toi-toi-même-et-libère-toi ), alors que j'avais la tête pleine de Jean Clair, de Marcel Moreau et d'attentes qualitatives, m'est apparu alors comme une incarnation de la politique générale de la première année. Suite à un travail en dehors, je n'ai pu suivre que deux matinées de dessin ; j'en suis rentrée deux fois en larmes. « T'as peut-être rien à faire aux beaux-arts », c'est ce qui est sorti au bilant, et je lui accordais raison. Alors que je me faisais taxée d'académiste gentillette, frileuse, je voyais d'autres brandir le grand discours contentant de la prise de risque et de l'expérimentation. A ce moment, j'ai sincèrement songé que les Beaux-arts faisaient comme souvent l'apologie de la médiocrité et que je devais très vite m'en aller.

M'a été donné la chance d'un rattrapage : j'ai accepté de jouer le jeu et ai laissé derrière mon paquet de jugements prétentieux. Il n'empêche que je n'ai saisi aucun sens, et pris aucun plaisir. J'ai suivi les directives avec résignation, et n'y ai trouvé qu'une piste à exploiter. Peut-être valait-elle le coup : j'y ai trouvé une esthétique de la ligne maladroite, hésitante, très liée pourtant, en gribouillant ainsi avec renoncement. Comme je supporte mal de rester sur une incompréhension infertile, j'ai décidé d'exploiter cette esthétique à titre personnel, dans un « dessin » brodé : posant le fil et ne le fixant que partiellement, j'ai retrouvé l'idée d'aléatoire et de surprise que j'ai retenu du cours. Par la répétition du geste et la durée d'éxecution ( il n'est d'ailleurs pas terminé ), j'ai pu l'allier avec mon impératif de forger dans le temps et la patience. "



Et puisque l'intérêt des Beaux-arts ne se porte que peu sur les travaux personnels pour le moment, je rédige en bref mon premier "bonus web" : cet essais, et ses quatre personnages liés, emboîtés, gribouillés, se réfèrent une fois encore de près ou de loin à Manque, de Sarah Kane. Ou l'histoire d'une enquête tournant à l'obsession. Autre précision : cette tentative ne lui arrive pas à la cheville, mais reste marquée par les graphismes de Kamismala, dont je publie ici deux extraits choisis, avec admiration. Le reste de son travail à découvrir sur son deviantart.



Format Poche.